Noblesse d'Empire

L'Assemblée nationale, sur la proposition du duc d'Aiguillon, avait aboli, dans la nuit du 4 août 1789, tous les droits réels et tous les privilèges utiles de la noblesse. Il ne restait plus aux gentilshommes que des distinctions honorifiques; elles leur furent aussi enlevées par le décret de l'Assemblée constituante du 19 juin 1790, qui supprima les titres et armoiries.

Les titres et armoiries, sont réintroduits progressivement à partir de l'an XII et ont été codifiés par décret du 1er mars 1808. Ils sont transmissibles, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, sur constitution de majorat. Ces majorats pouvaient être dotés par l'Empereur en tout ou en partie. Napoléon a institué aussi, notamment en faveur de ses soldats, des dotations non attachées à un titre qui étaient des rentes héréditaires sur le Domaine extraordinaire.

Le Conseil du sceau des titres (présidé par Cambacérès), créé en 1808, était chargé d'instruire toutes les affaires relatives aux titres et aux majorats et de sceller et expédier les lettres patentes nécessaires. Les familles qui avaient possédé des armoiries avant 1790 ne furent autorisées à les reprendre qu'autant qu'elles se les seraient fait confirmer par un règlement et un nouvel enregistrement d'armoiries.

L'Empereur, qui donnait à tout ce qu'il reconstituait une organisation régulière et uniforme, astreignit désormais les armoiries à des règles fixes. Des pièces héraldiques permettent de reconnaître à première vue le rang, le titre et la dignité des personnes et des familles. Aussi, les descendants ne peuvent se prévaloir du signe spécifique de la fonction de leur ancêtre, signe qui doit être enlevé (décret du 3 mars 1810).

La noblesse d'Empire est un nom impropre, mais elle fût reconnue par Louis XVIII : déclaration de Saint-Ouen (2 mai 1814) et Charte (4-6 suivant, art. 71).

Le site

Ce site n'a que la prétention de faire découvrir les titrés du 1er Empire nés dans le département. Je présenterais également les armoiries des administrateurs civils ou militaires en poste dans le Nord jusqu'en 1815.

Si l'armorial du Vicomte Albert Révérend et les blasons peints par le Comte Eugène Villeroy restent, pour beaucoup, la référence en la matière; les registres des lettres patentes et registres d'armoiries, 1808-1814 accessibles au Centre historique des Archives nationales permettent aux chercheurs une autre approche. Des différences, soit dans le blasonnement, soit dans le dessin sont à noter.

Tous les dessins sont tirés de ces registres. On remarquera la "patte" de différends artistes et que les couleurs métalliques, de certains blasons, sont altérées.

Michel Laisnez.